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Dossier spécial dans la Revue Management & Avenir

31mai2010

revue management & avenirSuite au colloque organisé en novembre dernier à Audencia, l’Institut pour la Responsabilité Globale vient d’éditer un dossier spécial sur l’engagement des parties prenantes dans le dernier numéro de la Revue Management & Avenir.

L’objectif de ce dossier est d’introduire les lecteurs aux principales réflexions liées à l’engagement des parties prenantes et d’illustrer la manière dont celles-ci peuvent contribuer dans le contexte français et belge aux débats académiques, à la pédagogie et aux pratiques dans et entre les organisations, créant ainsi les fondements pour d’autres développements futurs.

Le dossier comporte douze articles dont la moitié ont été écrits ou co-écrits par des enseignants-chercheurs de l’Institut pour la Responsabilité Globale. Ils sont répartis en quatre parties :

1. L’évolution des recherches sur l’engagement des parties prenantes

  • A. Berthoin Antal & A. Sobczak, Nouvelles perspectives sur l’engagement des parties prenantes : enjeux, acteurs, recherches
  • D. Bevan & P. Werhane, Stakeholder theorising and the corporate-centric world
  • S. Mercier, Le concept de parties prenantes : un état des lieux

2. Le processus d’identification et de représentation des différentes parties prenantes et de leurs intérêts

  • C. Girard & A. Sobczak, Pour une cartographie des parties prenantes fondée sur leur engagement : Une application aux sociétaires d’une banque mutualiste française
  • J.-L. Rossignol, Fiscalité et responsabilité globale de l’entreprise
  • >J.-P. Minvielle & N. Minvielle, Le tourisme au Sahara : pratiques et responsabilités des acteurs

3. La diversité des formes et des motivations de l’engagement des parties prenantes

  • Y. Barel & S. Frémeaux, Quel sens ont les démarches d’intégration des salariés en situation de handicap pour les parties prenantes ? Le sens donné par les DRH et chargés de mission
  • C. Germain & S. Gates, L’engagement des parties prenantes internes dans les démarches de Responsabilité Globale (RG) : l’intégration des indicateurs de RG dans les outils de pilotage du contrôle de gestion
  • M. Fougère, Intégrer les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et politiques dans un jeu de rôles : le cas de l’usine Botnia de Fray Bentos

4. Vers de nouveaux cadres théoriques et de nouvelles méthodologies de recherches sur l’engagement des parties prenantes

  • C. Krohmer, C. Naschberger & A. Sobczak, Le rôle de l’activité de régulation sociale dans le processus d’affirmation de nouvelles parties prenantes : L’exemple des réseaux de promotion de la diversité
  • M. El Abboubi & A. Cornet, L’implication des parties prenantes comme un processus de construction sociale. Analyse à partir de la théorie de l’acteur-réseau
  • V. Xhauflair & F. Pichot, Partenariats inter-organisationnels et nouvelles formes de gouvernance : les conditions d’un compromis équilibré et pérenne

Les articles de ce dossier spécial pourront être bientôt téléchargés sur le site internet Cairn.info.

Pourquoi toutes les entreprises ne sont-elles pas responsables ?

29mai2010

livre le marché de la vertuJe viens de lire l’analyse que David Vogel fait du développement et des limites de la responsabilité globale des entreprises dans son livre De la vertu du marché : Possibilités et limites de la responsabilité sociale des entreprises. Le livre présente l’intérêt de faire une évaluation critique des discours dans ce domaine et propose une vision nuancée de la responsabilité globale dans les entreprises, cherchant à modérer les voies trop optimistes ou trop pessimistes.

La thèse principale du livre est que la responsabilité globale peut dans certains contextes se révéler une stratégie pertinente, mais qu’elle peut aussi parfois limiter la performance économique de l’entreprise. D’une part, l’auteur cite des études montrant que des entreprises responsables seraient légèrement moins performantes sur le plan économique. D’autre part, il considère que rien ne prouve en effet que les entreprises responsables ne seraient pas encore plus rentables d’un point de vue économique, en réduisant leur engagement économique et social. La responsabilité globale serait ainsi avant tout une stratégie de niche qui ne serait en aucun cas généralisable à plus grande échelle.

Je défends un autre point de vue, considérant que la prise en compte des enjeux économiques, sociaux et environnementaux peut se révéler une stratégie gagnante pour toutes les entreprises. Certes, il existe de nombreux exemples d’entreprises largement irresponsables qui continuent à être très performantes d’un point de vue économique. Cependant, en retournant l’argument de David Vogel, rien ne prouve que ces entreprises ne seraient pas encore plus rentables d’un point de vue économique, si elles développaient leur engagement social et environnemental.

En réalité, il faut aller plus loin que l’auteur et admettre qu’il n’y a pas qu’une seule stratégie de responsabilité globale, mais que chaque entreprises doit construire celle qui est la plus adaptée à son contexte et aux attentes de ses parties prenantes. D’un côté, certaines entreprises peuvent très bien développer certaines actions en faveur de la protection de l’environnement et contribuer au développement de la société, sans aller assez loin. Dans un contexte où les différentes parties prenantes sont de plus en plus sceptiques et informées, comparant les pratiques des entreprises, ces entreprises ne peuvent alors attendre de tirer de grands bénéfices de leur engagement trop limité. De l’autre côté, certaines entreprises peuvent aller trop vite et mettre trop l’accent sur les dimensions sociales et environnementales, quitte à négliger parfois les enjeux économiques, alors que la responsabilité globale comporte bien les trois dimensions.

En d’autres mots, il y a des bonnes et des mauvaises stratégies de responsabilité globale. Et surtout, la responsabilité globale n’est pas le seul facteur de succès de l’entreprise. Elle ne sera jamais le seul critère de choix des consommateurs, des salariés et des investisseurs. Si les produits ou les services de l’entreprise ne sont pas performants, les consommateurs, au delà d’un petit marché de niche, ne vont pas les acheter uniquement parce que l’entreprise a une approche responsable. Il en va de même pour les salariés qui, à part quelques rares exceptions, ne vont pas travailler dans la durée dans une entreprise responsable qui n’offrirait pas des bonnes conditions de travail et de perspectives de carrière. Enfin, les investisseurs ne vont pas uniquement acheter des actions parce que l’entreprise est responsable si elle ne développe pas par ailleurs une stratégie et une organisation performante.

Ainsi redéfinie, la responsabilité globale ne remplace pas les autres dimensions de la stratégie de l’entreprise, mais peut les enrichir considérablement. Quand les consommateurs, les salariés et les investisseurs ont en effet le choix entre plusieurs entreprises proposant des produits, des emplois et des stratégies également convaincantes, il y a de fortes chances à parier qu’ils privilégieront les entreprises les plus responsables. La responsabilité globale a donc bien sa place dans toutes les entreprises, elle doit être intégrée dans toutes les décisions, mais elle ne doit constituer sa seule préoccupation.

Réparer la planète : Un livre sur l’économie positive

14mai2010

live réparer la planèteJe viens de lire le livre Réparer la planète : La révolution de l’économie positive de Maximilien Rouer et Anne Gouyon du cabinet de conseil BeCitizen qui vise à montrer que l’engagement environnemental peut être une opportunité économique.

Après avoir rappelé assez longuement les cinq grands enjeux environnementaux (stabiliser le climat, renouveler l’énergie, restaurer les ressources, renouer avec la santé et recréer la bio-diversité), le livre propose quelques principes d’action d’une « économie positive » conciliant la protection de l’environnement et rentabilité économique. Ces principes sont déclinés au niveau des entreprises, des bâtiments, de l’agriculture et des transports.

Le livre présente l’avantage de contenir de nombreux exemples illustrant ce que les auteurs appellent l’économie positive, mettant ainsi en évidence que l’investissement dans la protection de l’environnement ne s’oppose pas à la rentabilité économique. On regrette cependant parfois que les auteurs ne rentrent pas un peu plus dans les détails des exemples pour montrer la manière dont ces changements dans les organisations concernées se sont mis en place concrètement et à quels obstacles les dirigeants ont dû se confronter. Par ailleurs, il aurait été intéressant de voir aussi comment agir face à des situations dans lesquelles le respect de l’environnement ne se révèle pas une opportunité économique… Néanmoins, une très bonne lecture pour s’initier à la thématique.