Ce matin, avec Ariane Berthoin Antal, nous avons animé un atelier sur l’engagement des parties prenantes pour les étudiants du Parcours Responsabilité Globale.
L’objectif était de partager quelques enseignements que nous avons tiré de la conférence organisée en novembre dernier sur ce thème à laquelle les étudiants avaient en partie assisté, et d’analyser comment les idées qui y ont été développées peuvent les aider dans leurs projets en matière de responsabilité globale.
En posant une série de questions apparues suite au colloque, nous avons notamment cherché à amener les étudiants à mieux comprendre les motivations et stratégies de leurs parties prenantes et à s’interroger sur les relations qu’ils entretiennent avec elles pour changer éventuellement de perspective sur leurs propres projets.
Après que les débats de la journée avaient porté sur la crise actuel du modèle de management des entreprises, la table ronde de conclusion visait à analyser si la responsabilité sociale de l’entreprise pouvait permettre de « réenchanter le management ».
Après les interventions de Jean-Pierre Brechet, professeur à l’IEMN, et de Samuel Mercier, directeur de l’IAE de Dijon, et le témoignage de Marianne Naud, directrice de la politique sociale d’Areva, j’ai cherché à mettre en avant les risques d’une approche trop centrée sur l’entreprise et l’intérêt d’une démarche de responsabilité globale fondée sur l’engagement des parties prenantes.
Aujourd’hui, dans le cadre d’une journée de formation continue du Cycle des Hautes Etudes sur le Développement Durable consacrée à l’engagement des parties prenantes, nous avons reçu Dominique Olivier, secrétaire confédéral de la CFDT en charge du développement durable, pour nous présenter la vision et la stratégie de cette organisation syndicale face aux enjeux de la responsabilité globale.
Lors de son intervention, M. Olivier a insisté sur le fait que la responsabilité globale doit conduire la CFDT à enrichir des principes syndicaux anciens. Ainsi, le principe de démocratie doit être redéfinie pour mieux intégrer l’ensemble des parties prenantes.
La définition de la solidarité doit englober de nouvelles dimensions sociétales et environnementales. Le principe de la justice doit s’apprécier en tenant compte des générations futures. Le principe de prévention, pour sa part, doit s’appliquer non plus seulement pour éviter que des accidents se renouvellent, mais aussi pour anticiper des risques potentiels en amont.
M. Olivier a par ailleurs souligné que le débat sur la décroissance était dépassée dans la mesure où celle-ci serait inhumaine et conduirait à creuser des injustices.
Il faut certes une croissante différente, plus qualitative, ce qu’exprime bien le terme développement durable, mais on ne peut se permettre une décroissante qui serait illusoire et dangereuse.
Poursuivant l’objectif d’aborder les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de manière transversale, la CFDT vient de conclure un partenariat très intéressant avec l’ONG France Nature Environnementpour développer des prises de position communes.
Enseignant-chercheur à Audencia Nantes School of Management, j'anime l'Institut pour la Responsabilité Globale dont la mission est de promouvoir un management conciliant l'engagement social, protection de l'environnement et performance économique. Ce blog vise à partager les recherches, les actions et les idées développées dans le cadre de cet Institut.