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La responsabilité globale au Canada

11août2010

logo aom 2010L’un des derniers ateliers de l’Academy of Management auquel j’ai assisté portait sur l’approche canadienne de la responsabilité globale. Des enseignants-chercheurs de plusieurs provinces canadiennes ont présenté les premiers résultats d’un programme de recherche visant à explorer l’histoire de la responsabilité globale au Canada et les spécificités de l’approche des acteurs dans ce pays.

Les présentations ont d’abord insisté sur le rôle des matières premières dans le développement économique du Canada, comme la fourrure, le bois, les poissons ou les minéraux, rendant les acteurs plus sensibles aux enjeux environnementaux. Plus récemment, le pays a développé plusieurs industries qui font l’objet de critiques de la part des ONG, comme notamment l’extraction du pétrole dans les sols sableux de l’Alberta.

Les chercheurs ont ensuite mis en évidence la culture consensuelle au Canada, liée notamment à la structure fédérale du pays qui oblige même les gouvernements à chercher toujours des compromis pour pouvoir mener leurs politiques. Ainsi, sur plusieurs sujets en matière de responsabilité globale, comme l’extraction minière, le gouvernement a décidé de mettre en place des tables rondes réunissant les différentes parties prenantes pour définir ensemble des objectifs et des actions pour y parvenir. Cette culture expliquerait également le rôle joué par le Canada dans des initiatives internationales dans le domaine de la responsabilité globale, comme Responsible Care dans l’industrie chimique ou ISO 26000.

La présentation sur le Québec a pour sa part montré que la responsabilité globale dans cette province était influencée à la fois par le Canada, les Etats-Unis et l’Europe. Contrairement à d’autres provinces, l’Etat y joue toujours un rôle important dans le domaine économique. De même, elle est caractérisé par un secteur coopératif particulièrement important.

ISO 26000 comme objet de recherche

10août2010

logo aom 2010Hier, dans le cadre de l’Academy of Management, j’ai notamment assisté à un atelier sur le processus d’émergence du standard ISO 26000 organisé par l’équipe de la Chaire de Responsabilité Sociale et du Développement Durable de l’UQAM.

Plusieurs chercheurs ont analysé le processus d’élaboration de ce standard en matière de responsabilité globale qui devrait être définitivement adopté à la fin de l’année. Certains ont mobilisé les théories de l’apprentissage organisationnel pour mettre en évidence le potentiel de ce standard sur le changement dans les organisations. D’autres ont montré comment il constitue un compromis entre différentes conceptions du capitalisme et entre différents groupes de parties prenantes.

On peut penser que malgré ses nombreuses faiblesses, la future norme ISO 26000 aura un impact important sur le débat et les pratiques, ne serait-ce que par la définition qu’elle propose de la responsabilité globale :

Responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement transparent et éthique qui :

  • contribue au développement durable y compris à la santé et au bien-être de la société
  • prend en compte les attentes des parties prenantes
  • respecte les lois en vigueur et est compatible avec les normes internationales
  • est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations
  • L’analyse de l’évolution de ce standard et de son impact sur les stratégies et activités des entreprises et des parties prenantes sera donc sans doute un intéressant sujet de recherche pour les prochaines années.

    Présentation à l’Academy of Management

    9août2010

    logo aom 2010Hier après-midi, j’ai participé avec Ariane Berthoin Antal à un atelier sur l’impact des interventions artistiques sur les organisations dans le cadre de l’Academy of Management animé par Nancy Adler. Notre présentation a porté sur le rôle que l’art peut jouer pour favoriser l’apprentissage pour la responsabilité globale.

    Notre idée de départ était que nous connaissons tous des faits et des chiffres qui montrent clairement qu’il faut que nous changeons nos manières de penser et de faire pour faire face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Nous voyons aussi émerger de plus en plus d’initiatives de la part de différents acteurs qui nous poussent à adopter des comportements plus responsables. Et pourtant, ce changement n’a pas lieu, au moins pas assez profondément ou assez rapidement.

    Dans ce contexte, est-ce que des interventions artistiques peuvent accélérer les changements nécessaires ?

    Pour commencer à répondre à cette question, nous avons analysé l’expérience des 1600 pandas que Audencia avait menée en partenariat avec le WWF-France et la ville de Nantes pour sensibiliser les citoyens au fait qu’il n’y a plus que 1600 pandas dans le monde. Cette coopération entre les étudiants et salariés de l’école et l’ONG a suscité leur intérêt pour les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais n’a sans doute pas modifié les comportements des nantais. En revanche, elle eu certains impacts inattendus, notamment sur les salariés d’Audencia qui se sont souvenu beaucoup plus de cette action que de nombreuses autres initiatives plus académiques.

    Les réactions très positives à notre présentation nous encouragent à poursuivre nos recherches dans ce domaine. Cette expérience nous invite par exemle à nous interroger si les effets les plus importants d’une intervention artistiques ne se situent pas parfois là où on ne les avait pas prévus. Un tel constat crée un défi intéressant au niveau de l’évaluation de l’impact de ces interventions. En effet, comment mesurer des impacts inattendus ?