Ce midi, j’ai animé un séminaire doctoral à l’université de Liège autour d’une problématique que j’aborde dans la préparation de mon habilitation à diriger des recherches : En quoi la théorie de la régulation sociale de Reynaud peut enrichir les recherches en gestion sur la responsabilité sociale des entreprises ?
Les échanges avec les chercheurs en gestion, en droit et en sociologie qui ont participé à ce séminaire ont confirmé l’intérêt que ce cadre théorique issu de la sociologie mais compatible avec d’autres disciplines offre pour compléter les recherches en gestion qui mobilisent avant tout la théorie des parties prenantes, les théories contractualistes ou les théories néo-institutionnalistes.
Hier, j’ai participé à un séminaire de recherche sur la « consistance des régulations sociales émergentes » organisé par le LENTIC, le laboratoire d’études sur les nouvelles technologies, l’innovation et le changement de l’Université de Liège.
Dans le cadre de leurs travaux sur les régulations sociales émergentes, notamment dans les nouvelles formes organisationnelles, comme le portage salarial ou les groupements d’employeurs, les chercheurs du LENTIC s’interrogent sur l’articulation cohérente des différents outils et niveaux de régulation sociale.
L’émergence de ces nouvelles régulations sociales, autour de l’idée de flexicurité, interroge plus particulièrement leur inscription dans les cadres juridiques et/ou institutionnels existants : sont-ils en cohérence ou en dérogation avec les autres formes de régulation sociale ? Remettent-ils en cause la répartition des compétences en matière de régulation et de champs d’action des partenaires sociaux ?
Ces questions constituent également un axe important de mes propres recherches sur les pratiques de responsabilité globale et leur articulation avec la régulation par le droit du travail, qu’il soit imposé par les pouvoirs publics ou négociés par les partenaires sociaux.
La responsabilité globale concurrence-t-elle le droit du travail ou peut-elle le compléter utilement ? Faut-il un cadre juridique pour favoriser le développement de la responsabilité globale ? J’ai donc été particulièrement content de cet échange très riche qui ouvre de nouvelles perspectives de recherche.
Ce matin, j’ai animé un Matin Phare sur le thème « les syndicats sont-ils prêts à s’engager dans la responsabilité globale? ». L’objectif de cet atelier d’échange avec des managers de différentes entreprises et collectivités de la région était :
de comprendre en quoi la responsabilité sociale et environnementale constitue un défi pour les syndicats,
d’analyser les stratégies des des syndicats français face à ces enjeux,
de découvrir comment négocier et mettre en œuvre des accords sur la responsabilité globale avec les représentants des salariés et
d’échanger sur la manière d’engager les représentants des salariés dans une démarche de responsabilité globale.
Les échanges avec les participants ont notamment porté sur la réticence de la part des organisations syndicales à élargir le dialogue social à de nouvelles thématiques qui dépassent le cadre habituel de la négociation sur les salaires et les conditions de travail.
Enseignant-chercheur à Audencia Nantes School of Management, j'anime l'Institut pour la Responsabilité Globale dont la mission est de promouvoir un management conciliant l'engagement social, protection de l'environnement et performance économique. Ce blog vise à partager les recherches, les actions et les idées développées dans le cadre de cet Institut.