Hier après-midi, j’ai participé avec Ariane Berthoin Antal à un atelier sur l’impact des interventions artistiques sur les organisations dans le cadre de l’Academy of Management animé par Nancy Adler. Notre présentation a porté sur le rôle que l’art peut jouer pour favoriser l’apprentissage pour la responsabilité globale.
Notre idée de départ était que nous connaissons tous des faits et des chiffres qui montrent clairement qu’il faut que nous changeons nos manières de penser et de faire pour faire face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Nous voyons aussi émerger de plus en plus d’initiatives de la part de différents acteurs qui nous poussent à adopter des comportements plus responsables. Et pourtant, ce changement n’a pas lieu, au moins pas assez profondément ou assez rapidement.
Dans ce contexte, est-ce que des interventions artistiques peuvent accélérer les changements nécessaires ?
Pour commencer à répondre à cette question, nous avons analysé l’expérience des 1600 pandas que Audencia avait menée en partenariat avec le WWF-France et la ville de Nantes pour sensibiliser les citoyens au fait qu’il n’y a plus que 1600 pandas dans le monde. Cette coopération entre les étudiants et salariés de l’école et l’ONG a suscité leur intérêt pour les menaces qui pèsent sur la biodiversité, mais n’a sans doute pas modifié les comportements des nantais. En revanche, elle eu certains impacts inattendus, notamment sur les salariés d’Audencia qui se sont souvenu beaucoup plus de cette action que de nombreuses autres initiatives plus académiques.
Les réactions très positives à notre présentation nous encouragent à poursuivre nos recherches dans ce domaine. Cette expérience nous invite par exemle à nous interroger si les effets les plus importants d’une intervention artistiques ne se situent pas parfois là où on ne les avait pas prévus. Un tel constat crée un défi intéressant au niveau de l’évaluation de l’impact de ces interventions. En effet, comment mesurer des impacts inattendus ?
Tout le monde aujourd’hui se réclame du « développement durable ». Mais les symboles, les mots n’y suffisent pas. Et l’on manque souvent d’illustrations, de solutions concrètes et locales aux enjeux qui engagent notre responsabilité collective.







