23janvier2012 Par André Sobczak
Jeudi soir et vendredi, j’ai assisté au colloque eco-campus organisé à l’UNESCO par la Conférence des Présidents d’Université et la Conférence des Grandes Ecoles.
L’objectif était d’échanger sur l’intégration du développement durable et de la responsabilité sociale par les établissements européens d’enseignement supérieur et la perspective d’un label dans ce domaine.
Si le nombre de participants à ce colloque montre l’intérêt croissant de l’enseignement supérieur pour ces enjeux, je m’interroge sur la tournure que les débats ont pris :
- D’une part, les interventions au cours du colloque ont presque exclusivement porté sur les enjeux environnementaux, comme si les responsabilités sociales, sociétales ou économiques et leur articulation avec les enjeux environnementaux pouvaient être négligés. On est loin de l’idée de la responsabilité globale que nous défendons à Audencia.
- D’autre part, la plupart des intervenants n’ont accordé que peu d’importance à l’enseignement et à la recherche, soit en ne mentionnant pas du tout ces questions, soit en en faisant un enjeu parmi de nombreux autres. Or, ne faudrait-il pas que nous nous intéressons d’abord à notre cœur de métier et au domaine dans lequel nous avons le plus grand impact, en préparant les dirigeants de demain et en accompagnant ceux d’aujourd’hui ? Que dirions-nous d’une entreprise dans le secteur pétrolier qui considère que sa stratégie de responsabilité globale devrait porter en grande partie sur la gestion de ses bâtiments administratifs, l’utilisation du papier ou même l’égalité professionnelle ? Il faut évidemment traiter ces questions, mais sans négliger notre enjeu principal.
- Enfin, l’objectif semble être de créer un label reposant sur une batterie d’indicateurs qui risque de comporter les deux faiblesses indiquées ci-dessus et de s’ajouter aux nombreuses certifications qui existent déjà dans le monde de l’enseignement supérieur. Ne serait-il pas plus pertinent de chercher à intégrer les critères de la responsabilité globale dans les systèmes d’accréditations comme EQUIS, AACSB, AMBA ou l’AERES, d’autant plus que cette démarche est déjà engagée par ces accréditations ? Cela permettrait d’éviter la multiplication des procédures d’évaluation très consommatrices de temps, de favoriser une démarche vraiment globale et de toucher sans doute un nombre plus important d’établissements.
20janvier2012 Par André Sobczak
Récemment, j’ai découvert Le Collectif, un regroupement spontané de chefs d’entreprises qui cherchent à changer les mentalités et partager des pratiques qui contribuent à redonner du sens à la création de valeur, en promouvant une logique de long terme utile à l’Homme et à la société.
Le groupe a notamment développé le concept de l’« empreinte sociale » Selon eux, à l’instar de l’empreinte carbone, il est de la responsabilité de l’entreprise d’être capable de mesurer l’impact social et sociétal de ses activités sur son écosystème sur le long terme et dans sa globalité, que ce soit à l’échelle territoriale, nationale ou mondiale.
Pour promouvoir ce concept, Le Collectif vient de publier l’ouvrage Empreintes sociales. En finir avec le court terme
qui contient des entretiens avec les 10 dirigeants qui souhaitent ainsi présenter les visions, convictions et bonnes pratiques, mais surtout ouvrir un débat sur la création de valeur et les critères d’appréciation de la performance.
Même si j’aurais évidemment préféré le terme « empreinte globale » qui me semble plus approprié, c’est un livre que je recommande!
19janvier2012 Par André Sobczak
Je viens de lire un rapport très intéressant de l’Institut de l’Entreprise sur la flexibilité responsable.
Ce rapport propose d’abord un diagnostic très documenté sur le dualisme du marché du travail entre les salariés ayant un contrat à durée indéterminée et ceux ayant un contrat dit atypique, à savoir les intérimaires, les titulaires d’un CDD ou les salariés des sous-traitants. Il montre ainsi que ce dualisme s’est accentué au cours des dernières années, notamment pour permettre aux entreprises de répondre à un besoin accru de flexibilité.
Rejetant l’idée d’un contrat unique de travail comme réponse aux effets négatifs de ce dualisme, les auteurs du rapport préconisent une approche fondée sur la responsabilité sociale des entreprises et déclinée en 21 propositions concrètes. Plusieurs de ces propositions me semblent particulièrement intéressantes à étudier, car elles reconnaissent la responsabilité des entreprises pour les salariés de ses sous-traitants :
- Faire figurer le taux d’accidents du travail des principaux sous-traitants dans le bilan social.
- Rendre obligatoire pour tout contrat de sous-traitance ou d’intérim (d’une valeur supérieure à un seuil à définir) un suivi des conditions de travail et de al santé au travail par les deux parties et les partenaires sociaux.
- Mettre en place une structure chargée de suivre les conditions de travail des salariés extérieurs, au niveau de chaque site.
- Associer systématiquement la fonction RH à la négociation des contrats de sous-traitance et d’intérim et y inclure des clauses sociales.
Un rapport à télécharger sur le site de l’Institut de l’Entreprise.