Quelle responsabilité globale de l’enseignement supérieur ?

23janvier2012

Jeudi soir et vendredi, j’ai assisté au colloque eco-campus organisé à l’UNESCO par la Conférence des Présidents d’Université et la Conférence des Grandes Ecoles.

L’objectif était d’échanger sur l’intégration du développement durable et de la responsabilité sociale par les établissements européens d’enseignement supérieur et la perspective d’un label dans ce domaine.

Si le nombre de participants à ce colloque montre l’intérêt croissant de l’enseignement supérieur pour ces enjeux, je m’interroge sur la tournure que les débats ont pris :

  • D’une part, les interventions au cours du colloque ont presque exclusivement porté sur les enjeux environnementaux, comme si les responsabilités sociales, sociétales ou économiques et leur articulation avec les enjeux environnementaux pouvaient être négligés. On est loin de l’idée de la responsabilité globale que nous défendons à Audencia.
  • D’autre part, la plupart des intervenants n’ont accordé que peu d’importance à l’enseignement et à la recherche, soit en ne mentionnant pas du tout ces questions, soit en en faisant un enjeu parmi de nombreux autres. Or, ne faudrait-il pas que nous nous intéressons d’abord à notre cœur de métier et au domaine dans lequel nous avons le plus grand impact, en préparant les dirigeants de demain et en accompagnant ceux d’aujourd’hui ? Que dirions-nous d’une entreprise dans le secteur pétrolier qui considère que sa stratégie de responsabilité globale devrait porter en grande partie sur la gestion de ses bâtiments administratifs, l’utilisation du papier ou même l’égalité professionnelle ? Il faut évidemment traiter ces questions, mais sans négliger notre enjeu principal.
  • Enfin, l’objectif semble être de créer un label reposant sur une batterie d’indicateurs qui risque de comporter les deux faiblesses indiquées ci-dessus et de s’ajouter aux nombreuses certifications qui existent déjà dans le monde de l’enseignement supérieur. Ne serait-il pas plus pertinent de chercher à intégrer les critères de la responsabilité globale dans les systèmes d’accréditations comme EQUIS, AACSB, AMBA ou l’AERES, d’autant plus que cette démarche est déjà engagée par ces accréditations ? Cela permettrait d’éviter la multiplication des procédures d’évaluation très consommatrices de temps, de favoriser une démarche vraiment globale et de toucher sans doute un nombre plus important d’établissements.

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