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En 1999, lorsque le pétrolier Erika fait naufrage au large de la Bretagne, c’est encore moins que les 200 millions d’euros que la Standard Oil a versé pour le naufrage de l’Amoco Cadiz que Total sera condamné à verser : 170 millions d’euros seulement, les 8 millions d’indemnité supplémentaires accordés en appel ayant été annulés pour cause de non responsabilité civile de Total.
En effet, seule la responsabilité pénale de la catastrophe avait été attribuée à Total car, comme l’avait alors exprimé l’avocat de Total Me Daniel Soulez-Larivière (interrogé alors par l’AFP), “C’est sans doute une erreur, mais pas une faute au sens où on l’entend pour le commun des citoyens”. Ce qu’il veut dire par là, c’est que Total, en tant qu’affréteur de l’Erika est protégé par une convention internationale tant qu’il ne commet pas de faute intentionnelle et que, selon les magistrats, le naufrage du pétrolier ne constituait qu’une faute d’imprudence de la part de Total.
En revanche, si le procès de Chicago, pour l’Amoco Cadiz, a marqué les esprits en condamnant à une amende, pour la première fois, dans le cas de l’Erika, un préjudice écologique a été reconnu par la cour. Mais cette fois encore, le coût réel de la dégradation de l’environnement n’a pas été justement apprécié. Mises à part les indemnités, très en dessous ne serait-ce que du coût environnemental de la catastrophe, versées par la Standar Oil ou par Total, c’est la planète qui régale…mais pas seule.
Que ce soit en Louisiane, en ce moment, ou en Bretagne peu après le naufrage de l’Amoco Cadiz, si les habitants se mobilisent pour nettoyer les côtes c’est non seulement parce que personne d’autre ne le fait, mais aussi parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. En effet, lorsque sortir en mer est dangereux, que la pêche est interdite ou impossible et qu’il n’y a plus poissons à vendre, c’est une partie considérable de l’économie de ces régions côtières qui est brutalement paralysée. Les conséquences sociales ne se font jamais attendre longtemps mais, sans une juste évaluation du coût réel de l’évènement, il est impossible ne serait-ce que de tenter de le compenser.
La non prise en compte économique des dégâts environnementaux a des répercussions sociales considérables, les marées noires n’échappent pas à la règle.
Cet article est paru sur www.blog.kenolia.com, rédigé par Alban Perennes.







Le problème est qu’une réparation, pour être juste, doit être de même nature que le préjudice. Or, comment est-il possible de restaurer un écosystème ? Toutes les réparations financières seront donc, par nature, insuffisantes.
Cela étant, le mauvais entretien des puits comme celui des bâteaux est lié à un raisonnement d’ordre économique. Il semblerait donc que seul un contre-argument économique (une amende astronomique) pourrait rendre le risque trop couteux et entraîner un meilleur entretien à l’avenir.
Et ne parlons pas du montant de l’amende pour dégazage en mer qui est inférieur au coût du dégazage dans une structure appropriée. Cela est finalement aussi destructeur pour la mer que des catastrophes plus visibles (encore que pour la dernière, ils ont fait vraiment fort et que ce n’est pas fini).
Bonne journée.